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Sortir des cases pour prendre pleinement sa place

13 juil. 2016
6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 13 heures

J’ai écrit la première version de ce texte en juillet 2016. Le retrouver aujourd’hui m’a fait sourire, parce que derrière les mots d’alors, je reconnais déjà une conviction qui n’a jamais vraiment changé : nous ne sommes pas faits pour vivre enfermés dans des cases qui ne nous correspondent pas.


Avec le temps, ma façon de le dire a évolué. Elle est devenue plus nuancée, plus concrète aussi. Sortir des cases ne signifie pas rejeter toutes les règles, toutes les normes ou tout ce que les autres nous transmettent. Cela signifie apprendre à distinguer ce qui nous convient réellement de ce que nous suivons uniquement parce que « c’est comme ça ».


Et surtout, cela demande une capacité essentielle : s’adapter, expérimenter, ajuster et se transformer.


Nous passons une grande partie de notre vie à entrer dans des cases


Très tôt, nous apprenons ce qu’il faudrait être, faire ou réussir.


Être performant. Avoir les bons diplômes. Faire les bons choix. Construire une situation stable. Être en couple au bon moment. Fonder une famille. Posséder certaines choses. Avancer selon un ordre qui semble déjà écrit.


Ces repères ne sont pas forcément mauvais. Ils peuvent même être sécurisants. Le problème commence lorsqu’ils deviennent une norme à laquelle nous essayons de nous conformer au détriment de ce que nous ressentons profondément.


Parce que nous sommes avant tout des êtres singuliers, avec des histoires, des besoins, des rythmes, des aspirations et des façons de voir le monde différentes.


Ce qui convient parfaitement à une personne peut être profondément inadapté à une autre.


Notre vision de la réalité n’est pas la réalité elle-même


Nous regardons le monde à travers nos expériences, notre éducation, nos croyances, nos peurs, nos valeurs et tout ce que nous avons appris jusque-là.


Autrement dit, nous ne voyons jamais une situation de manière totalement neutre. Nous l’interprétons.


C’est pour cela qu’une même situation peut être vécue de manière complètement différente par deux personnes.


Prendre conscience de cela ouvre déjà beaucoup d’espace. Parce qu’une croyance peut être interrogée. Une manière de penser peut évoluer. Un fonctionnement appris peut être ajusté.


Ce que j’ai appris n’est pas forcément faux. Mais ce n’est pas forcément la seule manière de faire.

Et la spiritualité dans tout ça ?


Oui, elle fait partie de ma vision. Mais pas comme quelque chose qui nous éloignerait du réel.


Pour moi, la spiritualité est avant tout une ouverture de conscience : apprendre à mieux se connaître, à écouter ce qui se passe en soi, à questionner ses automatismes et à remettre du sens dans ce que l’on vit.


C’est aussi accepter que notre mental n’a pas toujours toutes les réponses immédiatement, et que certaines compréhensions apparaissent lorsque nous cessons de vouloir tout contrôler.


Cela ne dispense ni de discernement ni de responsabilité. Au contraire : plus nous nous connaissons, plus nous pouvons choisir consciemment notre manière d’agir.


Les normes elles-mêmes changent


Il suffit de regarder autour de nous pour constater que ce qui était présenté comme une évidence à une époque peut être remis en question quelques années plus tard.


Les recommandations évoluent. Les méthodes d’éducation changent. Les pratiques professionnelles se transforment. Les connaissances scientifiques progressent. Les habitudes sociales bougent.


Je l’ai notamment beaucoup observé en devenant mère.


Lorsque l’on accueille son premier enfant, on veut bien faire. Alors on écoute les conseils, les proches, les professionnels, les livres… parfois jusqu’à ne plus entendre ce que l’on ressent soi-même.


Et puis un jour, on comprend qu’il n’existe pas une seule bonne manière de faire. Il existe un enfant, un parent, une situation et un moment donné.


Mon fils m’a énormément appris sur cela. Par ses questions, sa façon de regarder la vie et les situations que nous avons traversées ensemble, il m’a obligée à me remettre régulièrement en question.


Il m’a rappelé quelque chose d’essentiel : rien n’est complètement figé. Nous devons continuellement nous ajuster à ce que la vie nous présente.


Faire sa propre expérience


Nous vivons tous avec des idées que nous n’avons jamais réellement vérifiées.


Des phrases entendues dans notre famille. Des croyances transmises de génération en génération. Des opinions répétées dans notre environnement ou dans les médias. Des règles que nous avons intégrées sans même savoir à quel moment elles sont devenues les nôtres.


Et parfois, nous construisons toute une partie de notre vie dessus.


Sortir des cases commence alors par une question très simple :


Est-ce que je pense réellement cela… ou est-ce que j’ai simplement appris à le penser ?

Faire sa propre expérience ne veut pas dire ignorer les conseils des autres ou partir du principe que nous savons mieux que tout le monde.


Cela signifie écouter, observer, réfléchir… puis vérifier ce qui est juste pour nous.


Essayer. Ressentir. Observer les conséquences. Ajuster.


C’est là que commence une véritable autonomie intérieure.


Et si se tromper faisait simplement partie du chemin ?


L’une des raisons pour lesquelles nous restons dans les cases est la peur de faire le mauvais choix.


Si je fais autrement et que cela ne fonctionne pas ? Si je me trompe ? Si j’échoue ?


Oui, c’est possible.


Mais ce n’est qu’en expérimentant que nous obtenons une information réelle.


Une expérience qui ne donne pas le résultat attendu ne dit pas nécessairement : « tu as échoué ». Elle peut simplement dire : « cette façon-là ne fonctionne pas pour toi, dans ces conditions. Ajuste. »


Lorsque l’échec devient une information plutôt qu’un verdict sur notre valeur, beaucoup de choses changent.


Nous retrouvons la possibilité d’essayer autrement.


Sortir des cases ne veut pas dire vivre en opposition


C’est un point important.


Prendre sa place ne consiste pas à faire systématiquement le contraire des autres. Ce serait encore laisser les autres décider de notre direction, simplement par opposition.


La liberté n’est pas dans la rébellion permanente. Elle est dans le choix conscient.


Parfois, notre choix sera parfaitement conventionnel. D’autres fois, il surprendra notre entourage. Ce qui compte est de savoir pourquoi nous le faisons.


Je ne cherche plus à rentrer dans une case. Je cherche à comprendre ce qui est juste pour moi, ici et maintenant.

Reprendre pleinement sa place


Prendre sa place ne signifie pas prendre celle de quelqu’un d’autre.


Cela ne signifie pas devenir plus bruyant, plus visible ou plus important.


C’est arrêter de se réduire pour correspondre à ce que l’on pense être attendu de nous.


C’est apprendre à reconnaître ses besoins, ses limites, ses envies, ses valeurs et ce que l’on souhaite réellement expérimenter.


C’est aussi accepter que notre place évolue avec nous.


Parce que ce qui était juste il y a dix ans ne l’est peut-être plus aujourd’hui.


Et cela ne signifie pas que nous nous sommes trompés. Cela signifie peut-être simplement que nous avons changé.


Quelques questions à vous poser


  • Qu’est-ce que je fais encore aujourd’hui uniquement parce que « ça se fait » ?

  • Quelles décisions sont réellement les miennes, et lesquelles sont surtout guidées par la peur du regard des autres ?

  • Qu’est-ce que je ressens depuis longtemps mais que je n’ose pas encore écouter ?

  • Quelle expérience pourrais-je faire, sans tout bouleverser, simplement pour vérifier ce qui me convient ?

  • Quel petit ajustement me permettrait de prendre un peu plus ma place aujourd’hui ?


Clarté. Compréhension. Action.


Aujourd’hui, si je devais résumer ce texte écrit en 2016 avec les mots qui sont devenus les miens, ce serait exactement cela.


Clarté : voir les cases, les croyances et les automatismes dans lesquels nous fonctionnons.


Compréhension : comprendre pourquoi ils sont là, ce qu’ils nous ont apporté et s’ils nous correspondent encore.


Action : expérimenter autre chose, ajuster et avancer à partir de ce qui est réellement juste pour nous.


La vie est en mouvement. Nous aussi.


Nous n’avons pas besoin d’avoir toutes les réponses avant d’avancer. Nous pouvons essayer, observer, apprendre et recommencer autrement.


Chaque jour est un nouveau jour. Et chaque jour offre la possibilité d’ajuster quelque chose.

C’est peut-être cela, finalement, sortir des cases : cesser de chercher à devenir ce que l’on attend de nous pour commencer à habiter pleinement qui nous sommes.


Faire ses propres mises à jour


Sortir des cases ne signifie pas tout rejeter ni tout bouleverser. Cela demande surtout de revenir régulièrement à soi : observer ce qui ne nous correspond plus, comprendre ce qui s’est installé par habitude ou conditionnement, puis ajuster ce que l’on veut désormais choisir.


C’est précisément dans cet esprit que j’ai conçu mon carnet 30 jours pour prendre sa place. Pendant 30 jours, il vous accompagne pour faire vos propres « mises à jour » : repérer les automatismes qui vous éloignent de vous-même, observer les endroits où vous vous oubliez, écouter ce qui compte réellement pour vous et remettre progressivement vos choix en accord avec la personne que vous êtes aujourd’hui.


Pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais pour vous rapprocher de vous-même, un ajustement après l’autre.


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